L’offensive Chery en Algérie passe à la vitesse supérieure

Le constructeur chinois Chery, représenté par Auto Leader Company (ALC), consolide sa présence sur le marché national. Au-delà de la simple commercialisation, la marque s’apprête à transformer le paysage industriel algérien avec son futur complexe de montage à Bordj Bou Arreridj, un projet structurant pour l’économie du pays.

Depuis son retour en force sur le marché algérien fin 2023, Chery n’a pas seulement affiché ses ambitions de vente ; la marque a posé les jalons d’une stratégie de production à long terme. Alors que le secteur automobile connaît une profonde mutation sous l’impulsion du nouveau cahier des charges des autorités, le géant chinois s’impose comme un acteur pivot de cette « nouvelle ère » industrielle.

Un investissement massif de 110 millions de dollars

Le cœur de l’offensive réside dans l’usine de production située à Bordj Bou Arreridj. Avec un investissement initial estimé à 110 millions de dollars, Chery ne se contente pas de faire du « vissage » de pneus. Le projet prévoit une montée en puissance rapide et méthodique :

  • Phase 1 : Capacité de 24 000 véhicules par an dès le démarrage.

  • Objectif à 3 ans : Atteindre les 100 000 unités annuelles.

  • Emploi : La création d’environ 2 400 postes de travail directs est attendue, renforçant le tissu social de la région.

L’intégration locale : le défi de la souveraineté industrielle

Pour répondre aux exigences du gouvernement algérien, Chery a misé sur un taux d’intégration locale ambitieux. Si le démarrage se fait avec un taux d’environ 15 %, la feuille de route vise les 42 % à moyen terme. Pour y parvenir, le constructeur a multiplié les accords avec des sous-traitants locaux pour la fourniture de composants, un levier essentiel pour réduire la facture d’importation et stimuler les PME nationales.

Faire de l’Algérie un « Hub » vers l’Afrique

L’autre pilier de cette stratégie est l’exportation. La direction de Chery Algérie a confirmé avoir obtenu l’exclusivité de la maison-mère pour servir de base arrière vers les marchés africains. Une fois l’autosuffisance atteinte sur le marché local, les modèles Tiggo et Arrizo « Made in Algeria » devraient prendre la route vers les pays voisins, s’inscrivant ainsi dans la stratégie de l’État de diversifier les revenus hors hydrocarbures.

Une attente forte des consommateurs

Malgré quelques défis logistiques et fonciers rencontrés en début d’année 2026, l’enthousiasme ne faiblit pas. Les consommateurs, en quête de véhicules modernes et accessibles, voient en l’usine de Chery une promesse de stabilité des prix. En produisant localement, le constructeur espère s’affranchir d’une partie des coûts liés aux fluctuations du change et aux taxes d’importation.

« Nous travaillons sérieusement pour établir une véritable industrie automobile, pas seulement un réseau de vente », affirmait récemment la direction de la communication d’ALC.

L’enjeu est désormais de transformer l’essai. Si Chery parvient à respecter ses délais de production, la marque pourrait bien devenir le premier moteur de la relance industrielle automobile en Algérie, aux côtés d’autres géants comme Stellantis.


En chiffres :

Indicateur Objectif
Investissement 110 millions USD
Capacité cible 100 000 véhicules/an
Emplois prévus 2 400 directs
Taux d’intégration 15% (début) à 42%

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