Renault dévoile « futuREady » : François Provost lance l’offensive pour 2030

PARIS – Moins d’un an après sa prise de fonction à la tête du groupe au Losange, François Provost a présenté hier son plan stratégique « futuREady ». Succédant à la « Renaulution » de Luca de Meo, ce nouveau chapitre vise à transformer la performance actuelle en un modèle résistant aux chocs d’un marché mondial de plus en plus imprévisible.

« Nous avons prouvé que nous pouvions gagner. Maintenant, nous allons prouver que nous pouvons durer. » C’est par ces mots que François Provost, Directeur Général de Renault Group, a ouvert le « Strategy Day » 2026. Devant un parterre d’investisseurs et de journalistes, le nouveau patron a tracé une feuille de route ambitieuse pour la période 2026-2030, reposant sur une accélération technologique sans précédent et une conquête internationale assumée.
Une avalanche de nouveautés : 36 modèles d’ici 2030

Le cœur du plan repose sur une offensive produit massive. Renault prévoit le lancement de 36 nouveaux modèles sur les cinq prochaines années. Parmi eux, 16 seront 100 % électriques, confirmant l’engagement du groupe vers la décarbonation, tout en conservant une flexibilité pragmatique.

Le groupe mise sur deux piliers majeurs pour ses motorisations :

L’électrique haute performance : Une nouvelle plateforme, baptisée RGEV Medium 2.0, promet une autonomie allant jusqu’à 750 km.

L’hybride E-Tech étendu : Renault continuera de développer ses motorisations hybrides bien au-delà de 2030 pour les marchés internationaux, avec des solutions capables d’atteindre 1 400 km d’autonomie grâce à des prolongateurs de portée (range extenders).

L’indépendance technologique face à la Chine

Face à la concurrence agressive des constructeurs chinois, François Provost joue la carte de l’innovation européenne. Le plan prévoit la généralisation des moteurs électriques sans terres rares dès 2026 et une technologie de recharge ultra-rapide permettant de récupérer de l’énergie en seulement 10 minutes.

Sur le plan logiciel, le groupe passera du concept de Software Defined Vehicle (SDV) à celui d’AIDV (Artificial Intelligence Defined Vehicle), où l’intelligence artificielle gérera 90 % des mises à jour du véhicule à distance (FOTA).
Cap sur l’Inde et l’international

Pour réduire sa dépendance au marché européen, Provost accélère à l’international. L’Inde devient un hub stratégique avec le lancement annoncé pour 2027 du Renault Bridger, un SUV compact et robuste inspiré du concept-car dévoilé la semaine dernière. L’objectif est clair : vendre un véhicule sur deux hors d’Europe d’ici 2030.

Une discipline financière de fer

Ancien directeur des achats, François Provost n’oublie pas la rentabilité. Il s’engage à réduire les coûts variables de 400 € par véhicule chaque année et à ramener le temps de développement de chaque nouveau modèle à seulement deux ans.

Le groupe confirme ses objectifs financiers : une marge opérationnelle entre 5 et 7 % et un flux de trésorerie (free cash flow) d’au moins 1,5 milliard d’euros par an.

« Notre industrie entre dans un cycle plus dur et plus rapide. FutuREady vise à bâtir un groupe capable de performer, quoi qu’il arrive », a martelé le dirigeant.

Avec ce plan, François Provost impose son style : moins de « show » médiatique, plus de pragmatisme industriel. Renault n’est plus en mode survie, mais en mode conquête.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*