Usine Stellantis d’Oran : Pourquoi la Fiat Grande Panda se fait-elle attendre ?

ORAN – Attendue comme le futur fer de lance de l’industrie automobile algérienne, la Fiat Grande Panda se fait désirer à la sortie des lignes de montage de Tafraoui. Si l’usine d’Oran tourne désormais à plein régime avec la production des deux modèles Doblo van et panorama, le passage au format « Grande Panda », premier modèle assemblé en mode CKD (Complete Knock Down) en Algérie, a rencontré plusieurs vents contraires.

Voici une analyse des causes principales qui expliquent ce décalage de calendrier.

1. Le « Syndrome Software » de la plateforme Smart Car

La Grande Panda partage ses dessous techniques avec la nouvelle Citroën ë-C3. Or, le groupe Stellantis a dû faire face fin 2024 et courant 2025 à des difficultés majeures liées aux logiciels de bord.

  • Bugs informatiques : Des problèmes de gestion électronique et de connectivité ont forcé Stellantis à retarder le déploiement mondial du modèle pour éviter un lancement entaché par des rappels massifs.

  • Priorisation : La direction du groupe a choisi de stabiliser le logiciel sur les marchés européens avant de valider le lancement des lignes de production spécifiques à Oran.

2. Le défi de l’intégration locale (Taux de 30 %)

L’usine de Tafraoui ne se contente plus de visser des roues. L’objectif affiché par Stellantis El Djazaïr est d’atteindre un taux d’intégration locale de 30 % d’ici fin 2026.

  • Mise à niveau des fournisseurs : La sélection et l’homologation de sous-traitants algériens (sièges, câblages, plasturgie) prennent du temps. La Grande Panda étant un modèle plus complexe et moderne que la Fiat 500 Hybrid, les exigences techniques imposées aux partenaires locaux ont ralenti la phase de présérie.

  • Nouveaux accords : Ce n’est qu’à la mi-2025 que les accords stratégiques avec les principaux fournisseurs de composants locaux ont été finalisés, décalant d’autant le démarrage effectif de la production de masse.

3. Réorganisation des lignes de production

Pour faire de la place à la « géante » italienne, l’usine a dû subir une mue profonde :

  • Fin de la Fiat 500 Hybrid : La production de la petite citadine a été volontairement interrompue fin septembre 2025 à Oran pour libérer des capacités industrielles. Cette période de transition a nécessité un recalibrage des robots et des postes de travail.

  • Passage au CKD : Contrairement aux modèles précédents, la Grande Panda est le premier véhicule dont la caisse est entièrement soudée et peinte sur place. Cette montée en compétence technologique a exigé une phase de formation accrue pour les équipes algériennes.

4. Un contexte de marché global tendu

Enfin, Stellantis a dû composer avec une baisse de la demande sur certains segments en Europe en 2025, entraînant des ajustements de stocks à l’échelle mondiale. Bien que la demande algérienne reste forte, la logistique des composants (moteurs et batteries importés) reste soumise aux aléas des flux maritimes et des priorités d’approvisionnement du groupe.

L’info en plus : Malgré ces retards, l’optimisme reste de mise. Raoui Beji, PDG de Stellantis El Djazaïr, a récemment confirmé que la Grande Panda était désormais « sur les starting-blocks ». L’objectif de produire 90 000 véhicules par an d’ici fin 2026 à Oran demeure la priorité absolue du constructeur.

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