SÉCURITÉ ROUTIÈRE : Le nouveau Code de la route officiellement publié au Journal officiel, un arsenal législatif sans précédent!
ALGER – C’est un tournant décisif pour la sécurité routière en Algérie. La loi n° 26-09 du 2 mai 2026 portant sur le nouveau Code de la route a été officiellement publiée au Journal officiel (numéro 36). Composé de 190 articles, ce texte tant attendu entre immédiatement en vigueur avec un objectif clair : endiguer définitivement le fléau des accidents qui endeuillent chaque année des milliers de foyers algériens.
Par la rédaction
Publié le 21 mai 2026
Face à la recrudescence de l’insécurité routière, les autorités algériennes frappent un grand coup. Après plusieurs semaines de débats et une adoption par l’Assemblée populaire nationale (APN), le nouveau Code de la route s’impose désormais comme le texte de référence pour tous les usagers de la route. Changement des grilles d’infractions, peines de prison maximales, automatisation des contrôles et intégration de la société civile : le gouvernement passe à l’offensive avec une fermeté sans précédent.
Une sévérité maximale : jusqu’à 20 ans de réclusion
La grande nouveauté de ce texte réside dans le durcissement drastique des sanctions pénales. Les délits routiers les plus graves, notamment ceux impliquant des professionnels, feront l’objet d’une tolérance zéro.
-
Professionnels du transport : Tout conducteur de poids lourds, de transport en commun, de transport de marchandises ou de transport scolaire s’expose à des peines allant de 10 à 20 ans de prison ainsi qu’à des amendes comprises entre 1 000 000 DA et 2 000 000 DA en cas d’infractions majeures ou de manquement grave aux règles de sécurité.
-
Homicide involontaire : La conduite en état d’ivresse, sous l’effet de stupéfiants ou de substances psychotropes ayant entraîné la mort est désormais punie de 5 à 8 ans d’emprisonnement et d’une amende pouvant atteindre 800 000 DA.
-
Non-respect du temps de conduite : Le non-respect des temps de repos pour les conducteurs d’activités de transport réglementées est puni de 5 à 10 ans de prison et d’une amende de 500 000 DA à 1 000 000 DA.
Des amendes salées et une catégorisation stricte des contraventions
Pour les infractions du quotidien, le nouveau code segmente les contraventions en quatre degrés distincts, avec des amendes forfaitaires révisées à la hausse, oscillant généralement entre 3 000 DA et 10 000 DA selon la gravité, et pouvant grimper au-delà pour certains excès constatés.
-
Infractions de premier degré : Elles visent notamment le non-port de la ceinture de sécurité par les passagers, le non-respect des règles de circulation par les piétons ou le défaut de présentation des documents du véhicule.
-
Comportements à haut risque : L’utilisation manuelle du téléphone portable, l’usage d’écouteurs ou de casques audio au volant, le transport d’enfants de moins de 10 ans sur les sièges avant, ainsi que le franchissement d’une ligne continue sont sévèrement ciblés.
-
Excès de vitesse : Les sanctions sont graduées. Par exemple, un dépassement de la vitesse autorisée compris entre 10% et 20% entraînera une amende automatique de 6 000 DA.
Ce qui change pour les deux-roues : Le port du casque devient strictement obligatoire pour le conducteur ainsi que pour le passager, sous peine de lourdes sanctions immédiates.
Modernisation et prévention dès le collège
Pour appliquer ces nouvelles dispositions, l’Algérie mise sur la modernisation de ses outils de contrôle. Le texte consacre une place majeure à la mise en place de dispositifs automatisés de constatation des infractions (radars intelligents, caméras de surveillance), installés aussi bien à l’intérieur qu’en dehors des agglomérations et sur les grands axes autoroutiers.
Au-delà du volet répressif, le gouvernement mise sur l’éducation. Des modules obligatoires d’éducation routière, animés en étroite coordination avec les services de sécurité, vont être intégrés dès le collège. L’objectif est de former une nouvelle génération de conducteurs conscients et responsables. La société civile, les médias et le secteur privé sont également appelés à s’impliquer activement dans le déploiement des stratégies nationales de prévention.
Avec l’entrée en vigueur immédiate de la loi n° 26-09, les conducteurs algériens sont prévenus : le comportement sur les routes doit changer radicalement, sous peine d’en subir de lourdes conséquences financières et judiciaires.




Laisser un commentaire