Matthias Müller à la tête du groupe Volkswagen
Dans un communiqué de presse qui nous est parvenu le groupe Volkswagen indique que Matthias Müller prend la tête du constructeur automobile en remplacement de Martin Winterkorn qui a démissionné Mercredi dernier: « Il a été désigné P-DG (CEO) du groupe avec prise de fonction immediate. Ceci a été décidé par le bureau du conseil de surveillance lors d’un réunion qui s’est tenu aujourd’hui, vendredi à Wolfsburg ».
« Il est celui dont l’entreprise a besoin en ce moment. Matthias Müller est tout à fait la bonne personne au bon moment pour un nouveau départ et pour faire la transparence sur la crise actuelle », rajoute le communiqué.
Müller, cité depuis plusieurs jours comme le favori à la succession de Winterkorn, est agé de 62 ans, il a quitté Audi en 2010 pour prendre les commandes de Porsche. Ferdinand Piëch, l’ex-président du conseil de surveillance de Volkswagen, en avait fait son favori pour le poste de président du directoire avant de démissionner en avril après une lutte de pouvoir dont Martin Winterkorn est sorti vainqueur.
Les représentants du personnel qui occupent la moitié des sièges au conseil de surveillance « n’accepteront qu’une personnalité avec une grande expertise technique et entrepreneuriale, ainsi qu’une grande compétence sociale », a écrit Bernd Osterloh, le président du conseil d’entreprise, dans une lettre aux collaborateurs du groupe publiée jeudi.
Müller qui est grand amateur de football et de sports automobiles est marqué du sceau Volkswagen de la tête aux pieds. Sa première voiture était une Coccinelle et son garage héberge maintenant une Audi TT et une Porsche 911 GT3.
Le nouveau patron de VW a promis vendredi « une investigation sans concession et une transparence maximale » sur l’affaire des moteurs truqués a longtemps cotoyé son prédécesseur Martin Winterkorn, avec qui il a collaboré chez Audi, une des marques du géant automobile allemand.
Matthias Müller est depuis octobre 2010 à la tête de Porsche, fabricant des célèbres bolides de luxe et filiale du groupe Volkswagen au sein duquel il a effectué toute sa carrière professionnelle.
Né le 9 juin 1953 à Chemnitz en RDA, le jeune garçon fuit durant son enfance le régime communiste est-allemand avec ses parents pour s’installer en Bavière, dont il garde aujourd’hui encore l’accent rond.
Quelques années plus tard, il suit une formation d’apprenti mécanicien-outilleur dans les usines du constructeur Audi, où son père exerce comme ingénieur. Cette période lui permet de « mettre les mains dans le cambouis » et de côtoyer « des gens simples », aime-t-il à raconter.
Il complète ce cursus par des études en technologies de l’information à Munich (sud) et fait ses premières armes à partir de 1977 comme analyste des systèmes, à nouveau chez Audi.
En 1993, il prend la tête du projet de développement du modèle A3 de la marque aux anneaux et commence à se faire un nom au sein du groupe. Gravissant rapidement les échelons, il endosse deux ans plus tard la responsabilité de l’ensemble de la gestion des produits d’Audi.
A partir de 2003, il est nommé responsable de toutes les lignes produits d’Audi et Lamborghini, avant d’être nommé en 2007 chef du développement des projets au siège du groupe à Wolfsburg (nord), où il a la haute main sur l’ensemble des produits de Volkswagen et des autres marques du groupe comme Skoda et Seat.
Très apprécié en interne, M. Müller se forge une réputation de décideur à la fois décontracté et lucide, rapportent les médias allemands. Ses anciens collègues saluent son esprit d’équipe et ses prises de décision collégiales. Et s’il adopte parfois un ton bourru, c’est toujours au service de la cause, dit-on de lui.
En outre, ses excellentes relations avec les plus hauts échelons de direction du groupe sont portées à son crédit. Fin connaisseur du groupe, il jouit du soutien de membres des familles Piëch et Porsche, héritières de l’empire Volkswagen et qui contrôlent indirectement le mastodonte automobile.
Ses résultats à la tête de Porsche, englouti par le groupe Volkswagen en 2012 après bien des péripéties, sont quant à eux flatteurs. Entre 2012 et 2014, la marque a dopé ses volumes de ventes de plus de 30%, grâce notamment à l’attractivité de ses 4×4 citadins, et le cru 2015 n’annonce aucun ralentissement de ce rythme. Sur les huit premiers mois de l’année, ses livraisons de bolides ont déjà bondi de 30% sur un an.
Laisser un commentaire