Industrie automobile: Cap sur l’intégration locale et fin des importations de composants plastiques dès le 31 décembre 2026

L’Algérie franchit un nouveau cap déterminant dans la refonte stratégique de son secteur automobile. À l’occasion d’une visite de travail effectuée ce jeudi 24 septembre à Khemisti, dans la wilaya de Tissemsilt, le Premier ministre Sifi Ghrieb a réaffirmé la volonté ferme de l’État de mettre fin aux pratiques d’assemblage superficiel. Parmi les annonces phares : l’interdiction stricte, à compter du 31 décembre 2026, de toute importation de pièces et accessoires en plastique destinés à l’industrie automobile.

Tissemsilt, nouveau bastion de la sous-traitance automobile

Cette annonce majeure est intervenue en marge de la mise en service officielle de l’unité de production de composants plastiques General Plastic Injection (GPI), rattachée à la holding publique ACS (Algerian Chemical Specialties).

Récupéré par l’État dans le cadre des procédures judiciaires relatives aux biens confisqués issus de la corruption, cet outil industriel modernisé s’impose comme un maillon essentiel du tissu productif national :

  • Capacité de production : 251 000 pièces et accessoires en plastique par an, permettant d’équiper près de 200 000 véhicules.

  • Impact social : Création directe de 300 emplois et plus de 500 emplois indirects dans la région.

  • Taux d’intégration : Un objectif initial de 40 % est visé dans la première phase, avec une ambition d’atteindre 70 % à moyen terme.

Fin du « faux assemblage » : la rigueur comme règle du jeu

Prenant la parole devant les responsables industriels et les acteurs de la sous-traitance, le Premier ministre a tenu un discours empreint de fermeté. Dénonçant les schémas passés limités à « un assemblage creux », Sifi Ghrieb a rappelé que l’objectif prioritaire du gouvernement est la création d’une véritable valeur ajoutée sur le sol national.

« Il faut s’éloigner des chiffres creux et de l’assemblage encore plus creux (…). Que personne ne vienne me dire qu’il faut une année pour importer un moule ; des alternatives existent et l’outil national doit répondre présent. »

— Sifi Ghrieb, Premier ministre

Afin de garantir que l’outil productif réponde à l’ensemble des besoins des constructeurs installés dans le pays, le chef du gouvernement a annoncé des investissements complémentaires pour l’usine de Tissemsilt. L’objectif affiché est de passer rapidement à un rythme de fonctionnement continu en 24h/24.

Une stratégie globale de souveraineté industrielle

La décision concernant le plastique s’inscrit dans un plan d’ensemble visant à verrouiller progressivement l’importation de tout composant pouvant être fabriqué localement. Cette initiative complète les démarches déjà engagées dans d’autres filières de la sous-traitance automobile :

Sécteur / Composant Infrastructure & Avancement Objectif souveraineté
Composants plastiques Usine GPI à Tissemsilt (inaugurée le 24 sept. 2026) Arrêt des importations au 31/12/2026
Pièces de carrosserie Usine d’emboutissage à Batna (relancée en avril 2026) Couverture des besoins nationaux en tôlerie
Plaquettes de frein Unité industrielle inaugurée à Alger (août 2026) Intégration dans le réseau de montage automobile

En fixant un ultimatum au 31 décembre 2026, l’État alerte clairement les constructeurs et équipementiers : le carnet de commandes ira en priorité absolue aux unités de production locales. Cette politique offensive vise non seulement à économiser les devises étrangères, mais également à bâtir un écosystème industriel national résilient et créateur d’emplois durables.

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